Derrière cet intrigant pseudonyme, se cachent le talentueux multi-instrumentaliste Gérald K. et son projet solo avant-folk digne de la vague indie new-yorkaise. Dès la première écoute de l’album éponyme, on se laisse charmer par le travail des ambiances tant acoustiques qu’électroniques, la sensibilité vocale qui rappelle celle de Scott Matthew et les ritournelles à la Chris Garneau, une petite touche groove en sus!

Tout en maintenant un style musical uniforme, This Is The Hello Monster offre une agréable et riche variation d’instruments, allant du piano à la guitare, en passant par le synthé, le glockenspiel, le violoncelle et la batterie, sans oublier les clappements de mains et les jouets! C’est par une intégration graduelle de ceux-ci que les arrangements bien dosés et épurés construisent un univers très englobant autour de courtes chansons, tout de même simples dans leur structure musicale.

Après avoir écouté l’album en boucle pendant quelque temps, je serais maintenant curieux de voir comment ces pièces prennent vie sur scène. Il ne reste plus qu’à souhaiter que ce résident de Paris vienne faire son tour de notre côté de l’océan prochainement!

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Soyez en avance sur la tendance indie-rock de l’été et découvrez Transit, le premier album de l’auteur-compositeur-interprète montréalais David Woll! Je vous invite d’ailleurs au lancement, où vous pourrez vous procurer cet excellent disque à un prix VIP (5 $), en plus d’avoir droit à une prestation live qui déménage!

Après avoir fait revivre les plus belles années du glam rock anglais à un public friand d’androgynie, Woll nous a fait patienter avant de nous présenter ses compositions… et ça en a valu l’attente! Le travail exhaustif et aucunement bousculé se fait entendre, tant dans la riche et subtile réalisation de Denis Ferland (Jérôme Minière, Michel Faubert), aussi guitariste sur l’album, que dans la brillante composition ou que dans les superbes variations d’ambiance. La complexité de la structure musicale de ces chansons donne envie de réécouter le disque en boucles et d’en poursuivre la découverte. On y sent tant les influences d’Ennio Morricone, de Nick Cave, de Lou Reed, de Wilco, de David Bowie et d’Arcade Fire, que celles du cinéma de genre (western spaghetti, cinéma des années 50, films de série B, etc.)!

À plusieurs moments, Transit laisse agréablement place à l’instrumentation, soit pour nous faire voyager au son des guitares complètement renversantes ou même des solos de piano absolument géniaux. Les instruments sont toujours bien amalgamés les uns aux autres, sans jamais surcharger les chansons, offrant un cocktail d’arrangements musicaux puissant et juste. Notons d’ailleurs la participation des sollicités musiciens Denis Faucher (Dumas, Marie-Pierre Arthur), José Major (Paul Cargnello), Sandy Belfort (Pawa Up First, Xavier Caféine), Richard Deschênes et Olivier Godin (Orford Six Pianos).

Les textes, tout comme le titre de l’album, évoquent à la fois le voyage et les transitions de la vie. On y trouve des thématiques telles que la vie et la mort, l’amitié et l’amour, le passé et le présent, le rêve et la réalité… Transit est votre aller simple pour un voyage électrisant, où le deuil du passé fait place à la fébrilité des nouveaux départs. Un album idéal tant pour un road-trip, que pour une écoute à plein volume dans votre baladeur!

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Avec son lyrisme assumé, mais beaucoup plus puissant que plaintif, The Irrepressibles s’inscrit dans la lignée d’Antony and the Johnsons et de Scott Matthew, la théâtralité baroque en sus! Jamie McDermott, orchestrateur de cette jouissance musicale complexe, transporte l’auditeur dans une envolée envoutante, tant par le grand déploiement de son instrumentation classique que par les sublimes variations de sa voix unique, androgyne et fantomatique.

Passant d’une chaleur qui rappelle un tantinet Bowie à un falsetto à la Klaus Nomi, l’émotivité, l’intensité et la détresse de McDermott font inévitablement frissonner. L’album Mirror Mirror propose un univers complet, où les compositions brillamment orchestrées exploitent à merveille les nuances entre fortissimo et pianissimo, tout en offrant une montée vers des paroxysmes inattendus.

Bien que très hermétiques, voire saturés, les arrangements respectent l’importance de chacun des instruments en place; xylophone, flute, cordes et piano se marient parfaitement à la voix de ce contre-ténor. Et que dire du visuel! Non seulement les pièces sont dignes d’une musique de film, mais le groupe prend des allures de troupe de cirque avec l’excentricité de ses costumes.

Je vous invite à écouter l’album, disponible en écoute libre ici. Et puis? Croyez-vous que The Irrepressibles délogera son précurseur, Antony and the Johnsons?

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Photographe : André Guérette

Il y a quelques jours, je me suis permis une incursion dans l’univers créatif d’Alexandre Désilets. Son récent album rock organique, La garde, a fait beaucoup de bruit au cours des dernières semaines et voilà que l’artiste est sur le point de lancer son spectacle pour la rentrée montréalaise, ce jeudi. J’ai donc voulu connaître la genèse de sa création, du studio à la scène…

Musique ou paroles d’abord?

« Pendant 1 an et demi, j’ai accumulé environ 200 mélodies, pour en choisir 21 qui deviendraient des chansons, dont 16 pour lesquelles j’allais écrire un texte ». La musique est alors créée, à sa plus simple expression; la maquette initiale ne comprenait qu’une voix sans paroles, de la guitare, de la basse et de la batterie. « C’est un langage universel adaptable à un monde de possibilités ». Pour la réalisation de l’album, Alexandre a une fois de plus fait appel à Jean Massicotte, qui lui a proposé quelques avenues d’arrangements musicaux complètement différents de ceux du premier opus, avant de reprendre les mélodies des maquettes, tout réenregistrer et bâtir ce qui allait devenir la trame des chansons.

L’essence des mots

« C’était intéressant que les arrangements installent une ambiance qui influence l’écriture du texte. » Alexandre m’explique aussi combien il était important pour lui que l’album ait une trame narrative, un fil conducteur entre les pièces, pour éviter que ses récits se répètent d’une chanson à l’autre. Mais d’où proviennent ses histoires? « Je m’inspire beaucoup d’images. Je me laisse imprégner de leurs émotions et ça s’infiltre ensuite dans la voix sans paroles que j’enregistre pour la maquette. Le thème des textes vient souvent de là. » Notons que le poète humaniste américain Walt Whitman et le bédéiste Enki Bilal ont également marqué l’univers d’Alexandre lors de la création de La garde, album pour lequel il a décidé de coécrire les textes avec Mathieu Leclerc (Jean Leloup, Bran Van 3000) pendant 4 mois et demi. « J’ai une bonne idée des mots qui sonnent musicalement bien et Mathieu, c’est un poète avec un flot d’idées, qui dit franchement ce qu’il pense. Il est habile pour trouver le mot juste ou la tournure qui fait que ça passe! On ne se connaissait pas, mais on a développé une écriture en symbiose. Il s’est facilement adapté à mon univers et moi, j’arrivais à bien comprendre sa logique. »

La scène, là où le studio… commence?

Photographe : Ariane Charbonneau

« L’approche live n’est pas très différente de l’album. Il y a seulement quelques ambiances qui doivent être adaptées.  Puis, pour moi, la scène ne commence pas après le studio, mais dès le moment où je prends le micro pour enregistrer mon démo. Le ton et l’émotion que je donne à la chanson vont suivre une fois sur scène. » Le spectacle évolue toutefois tout au long de la tournée et Alexandre, ses musiciens et leur sonorisateur se permettent même d’improviser et d’ainsi donner une autre dimension aux pièces. L’artiste m’exprime d’ailleurs l’importance qu’il accorde à la collaboration. « Une petite équipe, ça devient un peu comme une extension de toi. Tout le monde éprouve un sentiment d’appartenance par rapport au projet, parce que tout le monde y a mis de son talent. On a une belle chimie ». Soulignons leur excellent travail, que ce soit sur l’album ou en spectacle : Jérôme Hébert (guitariste, bassiste), Daniel Baillargeon (guitariste/Sharcüt), Steve Caron (batteur/Pierre Lapointe), François Lessard (bassiste/Monogrenade), Christian-Adam Gilbert (sonorisateur/3 Gars Su’l Sofa), Mathieu Roy (éclairagiste/Karkwa, Patrick Watson).

Venez les voir à l’œuvre ce jeudi 25 novembre, au Cabaret Juste pour Rire (Billet : 15 $/ Ouverture des portes : 19 h). Alexandre et ses musiciens promettent de vous en mettre plein la vue et de vous faire revivre l’album à travers une toute autre expérience; une redécouverte des chansons, avec l’énergie de la scène! Au plaisir de vous croiser dans la foule et de se déhancher ensemble! ;c)

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Sufjan Stevens… L’œuvre de ce créateur et multi-instrumentiste m’a toujours intéressé sans jamais complètement me charmer; une voix agréable, un talent musical indéniable, mais des chansons souvent trop folk à mon goût. Voilà que je me surprends cette fois à dire que son album The Age of Adz est de loin le meilleur opus que j’ai entendu cette année!

L’entrée en matière se fait en terrain connu; une pièce folk acoustique d’une belle complexité, couronnée du ton émotif qu’on connait à Stevens… Rien pour laisser entrevoir la tournure électronique que prend le reste de l’album! Le mélange électro symphonique, quasi « Björkish », m’apparait l’amalgame parfait de son exploration sonore sur Enjoy Your Rabbit et de ses albums folk orchestral subséquents. Bref, on reconnait tout à fait l’artiste, tout en plongeant dans un renouvellement habile.

Ces compositions transposent mieux que jamais la grandeur de son génie créatif, avec des progressions surprenantes qui soutiennent avec brio la structure épique de certaines pièces. Le mix crée une dimension musicale complète, absorbante et riche en textures. Quant aux chorales, elles sont magnifiquement agencées à l’éclectisme des chansons. Les arrangements font beaucoup plus que réinventer le genre, ils amènent l’album au dépassement. S’il n’y avait qu’une œuvre de Sufjan Stevens à écouter, ce serait celle-ci, certes difficile à absorber à une première écoute, mais d’une rare intensité.

Je vous invite à écouter l’album, disponible en intégralité sur Bandcamp.

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Lorsqu’il est question d’Antony and the Johnsons, on me croit vendu d’avance. Me voilà toutefois mitigé à l’égard de Swanlights, son album paru cette semaine. D’un côté, la qualité de l’orchestration est indéniable et les subtilités musicales complexes, camouflées derrière les mélodies vocales répétitives, sont satisfaisantes et rendent l’écoute plus qu’agréable. Comme toujours, les compositions d’Antony possèdent tant de belles montées que de superbes moments de retenue; des transitions justement calculées. Cependant, l’album s’inscrit tellement en continuité avec le précédent, que ses sonorités réchauffées donnent l’impression d’une compilation de B-Sides issus de la même session d’enregistrement.

Il n’y a que la pièce Swanlights qui, par sa nature électro, amène à l’album un son totalement différent de l’Antony habituel. Une exploration plus approfondie de cette ambiance mystique, décomposée et distordue aurait été intéressante. Puis, il y a Flétta, où il fait bon d’entendre Björk dans un morceau acoustique, voire dénudé et à peine plus produit qu’un démo. Nul doute qu’Antony est toujours aussi doué pour les duos!

Il y a une constante que l’on n’est certainement pas malheureux de retrouver; la voix chevrotante qui caractérise tant l’artiste. On y sent toutefois un Antony beaucoup moins triste. Il suffit de comparer l’émotion vocale de son classique Hope There’s Someone à celle de n’importe quelle nouvelle chanson. Bien que je souhaite son bonheur, je dois avouer m’ennuyer de l’intensité de son malaise…

En conclusion, loin du fiasco, l’album ne m’apparait pas comme le plus grand chef-d’œuvre de l’artiste. Notons qu’une version illustrée de Swanlights est également disponible, soit accompagnée d’un recueil d’œuvres visuelles créées par Antony. Certainement fascinant d’accéder à une autre facette de sa créativité!

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Intrigués par ce t-shirt « SUCK FONY », que vous apercevez depuis un moment sur ma photo de profil Facebook? Vous l’aurez deviné, il est question d’une contrepèterie de FUCK SONY… mais il s’agit également du titre d’un album du groupe américain Wheatus! J’ai eu l’immense plaisir de m’entretenir avec Brendan B Brown, le fondateur du groupe, qui m’a confié quelques-unes de ses histoires d’horreur avec la célèbre compagnie de disque.

Votre premier album endisqué avec SONY, Wheatus, a atteint le sommet des palmarès et a été certifié or. Votre deuxième, produit par la même maison de disque, n’a eu droit à aucune promotion au Royaume-Uni et n’a même jamais été lancé aux États-Unis. Comment expliquez-vous ce contraste?

SONY ne s’intéressait simplement plus à nous. Ses employés ne travaillent pas pour une industrie artistique ou pour des artistes. Ce qui monopolise leur attention, c’est le rapport trimestriel de Wall Street. Ils ont tenté d’appliquer à une industrie artistique une éthique à l’image de la chaîne de montage d’Henry Ford. Comme il s’agit de deux entités incompatibles, bonjour l’échec! C’était impensable qu’ils valorisent et nourrissent à long terme mon art avec Wheatus. Obéir à toutes leurs demandes artistiques aurait été la seule manière de survivre au sein de SONY. Toutefois, leurs terribles idées nous auraient fait couler de toute façon. Par exemple, notre chef de produit, au Royaume-Uni, a pris des vacances la semaine où notre deuxième album a été lancé, après avoir envoyé des milliers d’affiches qui indiquaient la mauvaise date de sortie. Ils ne voulaient pas notre succès.

Sentiez-vous déjà une tension entre vous et votre maison de disque, avant la sortie du deuxième album?

Oui, mais je ne pense pas qu’il soit sain pour un artiste d’entretenir un « bon » rapport avec sa compagnie de disque. La dynamique devrait être querelleuse. Il est difficile d’ignorer cette évidence : si les employés des maisons de disque savaient comment créer de la bonne musique, ils joueraient sur scène! Certaines choses devraient être laissées aux créateurs, comme… je ne sais pas… l’art? Un baby-boomer, avec de l’acrylique dans les cheveux et une bague en or rose, manque selon moi de crédibilité lorsqu’il essaie de te convaincre que tu connaitrais un succès monstre, si tu acceptais de porter des pantalons de cuir… difficile de bâtir une relation sur ce genre d’interactions. SONY ne nous comprenait pas.  Les gens qui y travaillent ont du mal avec les concepts originaux ou les esthétismes peu familiers et ça explique pourquoi la musique qu’ils produisent sonne aussi fade. Puis, ils te lancent des idées tellement inappropriées qu’il est à se demander ce qu’ils aimaient tant de toi au départ : « Si vous avez tant besoin que nous changions, pourquoi nous avoir offert un contrat de disque? ». Aussi, nous les avons surpris à commettre de nombreux trucs louches et plutôt que de s’excuser, ils ont arrêté de nous rappeler.

Vous parliez de pantalons de cuir… Est-ce que SONY a réussi à prendre le contrôle de votre allure?

Ils ont essayé très fort de nous rendre jolis, mais nous ne le sommes pas, alors c’était affreux. C’était pire pour les vidéos clips, car nous ne contrôlions rien… Tu ne sais jamais de quoi tu auras l’air, jusqu’à ce qu’il soit trop tard.

J’ai su que SONY vous avait demandé de faire du surjeu (lip-sync) lors de votre prestation de votre plus grand succès (Teenage Dirtbag) à l’émission britannique Top of the Pop. Vous avez joué cette chanson un nombre incalculable de fois au cours de votre carrière, alors pourquoi soudainement vous demander de faire semblant?

SONY refusait de payer la somme nécessaire pour obtenir une équipe de télé spécialisée dans les prestations en direct. Aussi, SONY voulait continuellement nous faire faire du lip-sync sur des variantes de plus en plus courtes de nos compositions. Si nous les jouons en direct, c’est à la manière dont je les ai écrites. Lorsque SONY refait une chanson, ils contrôlent la façon dont nous allons la jouer… mais leurs remontages/nouveaux mix des pièces étaient toujours épouvantablement inaudibles, puisque ce ne sont évidemment pas des musiciens qui y ont travaillé. On a même essayé de nous faire faire du lip-sync sur des versions remodelées que nous n’avions jamais écoutées. Un membre de SONY entre dans ta loge avec un CD, une heure avant ta performance télé et te dit « OK les gars, voici la nouvelle version!!! ». Après avoir joué une musique de la bonne manière pendant des années de tournée, c’est impossible de s’adonner à du lip-sync sur une mouture jamais entendue  sans commettre d’erreur et sans avoir l’air complètement idiot. SONY n’avait aucun problème à nous faire paraître idiots, cependant.

En 2005, SONY a été poursuivi pour avoir régulièrement offert des pots-de-vin aux radios et ainsi s’assurer que les chansons de leurs artistes soient jouées et qu’elles se retrouvent au sommet des palmarès. Avez-vous ressenti l’impact de cette escroquerie?

Dans un sens, oui. Il y a eu un sale complot entre deux chaînes de radio compétitrices, près de Boston. L’une, spécialisée dans l’indie rock alternatif, nous aimait bien et a énormément fait tourner nos compositions! L’autre, plus pop, refusait de jouer Teenage Dirtbag. SONY nous a dit que si nous enregistrions une version acoustique pour la station pop, notre pièce s’ajouterait à la liste des celles qu’ils font passer en boucle. SONY nous a également assuré que ça n’aurait aucun impact sur notre relation avec la chaîne alternative, qui jouait notre tube 30 fois par semaine. Mensonge… Une fois la variante acoustique envoyée à la station pop, leur compétiteur, contrarié, nous a mis sur sa liste noire. Notre chanson n’a jamais été jouée, à l’exception d’une fois, où elle a été combinée à celle d’un autre artiste de SONY. Nous avons été utilisés à titre d’atout en réserve pour ce musicien, qui n’a finalement jamais connu de succès. SONY avait intentionnellement détruit notre relation avec une radio qui soutenait notre carrière, pour pouvoir intégrer un autre artiste à un diffuseur pop. Avec ce genre d’amis, pas besoin de pots-de-vin!

Considérez-vous que les grosses maisons de disque refusent toujours de s’adapter à l’évolution de l’industrie musicale ou croyez-vous qu’elles sont maintenant plus ouvertes aux compromis?

Elles sont plus fermées aux compromis que jamais. Elles ont atteint un stade où elles réclament de l’argent sur tous les aspects de la vie des artistes. Elles te demanderont bientôt si elles peuvent utiliser la carte de crédit de ta mère… oh non, attends… ça s’est déjà produit avec nous!!

Votre groupe est désormais indépendant. Votre plan d’affaires repose en partie sur la philosophie « Payez ce que vous voulez » pour vos MP3s. Les gens valorisent-ils encore suffisamment l’art musical pour débourser une somme qui représente réellement la valeur de votre travail ou croyez-vous que nous approchons un temps où les musiciens ne pourront plus forcer quiconque à payer pour  leur création?

Ceux qui téléchargent légalement la musique la valorisent encore assez pour au moins donner de l’argent en échange. Cette formule a l’avantage de t’entourer de personnes qui se soucient de ton art, ce qui ne s’obtient pas avec un succès radio. Les musiciens ne pourront jamais obliger les consommateurs à payer pour leurs chansons. Les gens sont uniquement prêts à débourser lorsqu’une musique représente vraiment quelque chose pour eux. Avant de demander des dons aux gens, nous essayons donc de nous assurer que notre création est suffisamment substantielle.

Vous connaissez maintenant les dessous de l’industrie musicale. Si vous aviez eu cette vue d’ensemble dès le départ, croyez-vous que vous auriez mieux géré la situation ou n’auriez-vous plutôt même jamais essayé d’obtenir un contrat de disque?

Les récents revirements m’amènent à penser qu’aucune de mes vastes connaissances de l’ancienne industrie musicale n’a à voir avec la réalité actuelle… Tout ce que j’en sais ne veut plus vraiment dire grand-chose. Cette expérience devient donc un apprentissage de la nature humaine, plutôt qu’une leçon sur les techniques de marketing musical. Je serai toujours réjoui par les nouvelles idées et c’est pour moi beaucoup plus important que le passé ne le sera jamais.

Sur ces sages paroles, je tiens à remercier Brendan d’avoir eu la grande générosité de m’accorder cette agréable entrevue. Pour connaître d’autres facettes de l’industrie musicale, consultez L’enfer du disque.

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